Cuba vive y trabaja
- caurelia1
- 25 mai 2022
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 avr. 2024
Du 29 avril au 16 mai 2022
Après avoir réalisé un vol pratiquement en jet privé (nous étions 3 dans l'avion), nous voici arrivé à Santiago de Cuba.
De Santiago de Cuba à la vallée de Viñales

Depuis Santiago de Cuba, ville située sur la côte sud-est, nous sommes remontés jusqu’à la vallée de Viñales, au nord-ouest du pays.
L'architecture est typique des villes coloniales espagnoles : anciens palais à hauts plafonds, grilles en fer forgé aux fenêtres, rues en quadrillage… Cependant, dès qu’on s’éloigne des centres urbains, on retrouve vite l’architecture des Caraïbes.
La Havane sort du lot avec ses grands bâtiments historiques et son centre ancien magnifiquement rénové. C’est également la seule grosse métropole du pays, pour le meilleur (on y trouve tout ou presque, c’est le cœur économique du pays) et pour le pire (transports bondés, quartiers délabrés et logements surpeuplés).

Ce qui marque dans les villes cubaines, c’est l’état des bâtiments : magnifiques certes, mais pour la majorité défraichis, voir proche de l’effondrement (mais habité quand même ... sur la photo, on voit le linge à la fenêtre) ou même carrément en ruine. On peut voir les efforts importants de restauration dans les principaux quartiers touristiques, comme à Trinidad ou la vieille ville de la Havane. Mais malheureusement pour les cubains, les quartiers résidentiels ne sont pas encore concernés.
Cuba c'est aussi des espaces naturels bien conservés. On a pu profiter des parcs naturels d’El Yunque et de Majayara à proximité de la ville de Baracoa, du massif montagneux de l’Escambray proche de Trinidad. La vallée de Viñales est un bel endroit pour avoir un aperçu de la campagne cubaine, très tranquille.
Côté mer on y trouve aussi notre compte : les récifs coralliens sont magnifiques et la visibilité est mieux qu’à la piscine.
Un autre monde
Pour le dépaysement, nous voilà servi ! Cuba vit dans une autre dimension que la France et les autres îles des Caraïbes que nous avons pu visiter.
Dès notre arrivée à Santiago, première immersion dans le pays : On prend un taxi dans une Peugeot de 1991 : pas si vieux que ça pour le pays ! Ce n’est pas un cliché : à Cuba, on roule beaucoup en voitures anciennes : de la grosse américaine à la Lada. Enfin anciennes, pour la carrosserie, souvent un peu cabossée, sinon le moteur est "récent" (c’est un moteur Mercedes, Toyota ou autre…).
Dans le même temps, on trouve dans les rues quelques voitures plus récentes et des scooters électriques (apparemment, une faille dans les lois sur les importations a interdit pendant longtemps les voitures mais autorise les « machines électriques », donc des micro-ondes, mais aussi des scooters électriques).
Lors de notre voyage, pour nous déplacer pour les grandes distances, nous avons pris le bus spécifique pour les touristes, le Viazul : climatisé et plutôt confort. Les cubains ont leurs bus pour eux, moins confortables, beaucoup moins chers et surtout interdits aux touristes (sauf exception). Sinon pour les cubains et les touristes motivés, curieux ou fauchés, il y a les camions. Nous l’avons pris quelque fois : c’est très rudimentaire, mais c’est une expérience … intéressante.

A Cuba on loge généralement chez l'habitant, dans les « casas particulares ». C’est moins cher que l'hôtel et, pour nous, plus proche des habitants du pays. Nous avons ainsi rencontré des Cubains de toutes les générations et pu échanger avec eux sur l'histoire du pays, l'économie, la politique et de la vie à cuba.
On découvre rapidement que la vie cubaine n'a pratiquement rien à voir avec la vie française : restaurants et magasins d’État, queues devant les banques ou pour faire les courses, quasi aucun « vrai » magasin (mais les cubains vendent à manger, des vêtements ou autre sur le palier de leur maison), peu de voitures, bâtiments dégradés, tickets de rationnement, manque de médicaments ... On manque de tout et on doit attendre pour avoir quelque chose.
La vie à Cuba nous a donc paru plutôt difficile, mais les cubains ont toujours le sourire et ne se plaignent pas (de toute façon pas le droit de manifester dans le pays). Cependant de nombreux jeunes cubains partent aujourd’hui : en 2020, l’ONU estimait que 14% de la population cubaine vivait hors du pays.
La musique fait partie intégrante de la vie cubaine : salsa, reggaeton, rumba …. Pour se fondre dans la foule incognito on a donc décidé de prendre des cours de salsa à Trinidad.
On apprend vite mais il y a encore une bonne marge de progression.
On tente notre coming-out à la Casa de la Musica, bar et salle de concert réputée à la Havane. Bon, de ce qu’on a vu, les cubains au bar de nuit, c’est comme les bretons au fest-noz : tout le monde connait les pas de base, mais pas plus (mais ils ont le rythme dans la peau !).
Si vous voulez en savoir plus sur la vie d’aujourd’hui à Cuba
On ne voulait pas trop vous bassiner avec Cuba, mais si vous voulez en savoir plus, voici quelques éléments qui nous ont marqués pendant notre voyage.
Vamos todos con Fidel !

Ce qui nous a marqué également à Cuba, c'est l'importance de la « propaganda » (qui est la traduction de « publicité » en Espagnol) faite par le gouvernement. On trouve des photos des dirigeants et figures de la révolution sur toutes les places et bâtiments officiels ou presque. Le combo gagnant : les mots « révolution », « Fidel » et « bloqueo del Estados Unidos » (le grand ennemi de la nation), que l’on retrouve dans le journal télévisé et les journaux papiers, tous contrôlés par l' Etat. Certains cubains (enfin tout le monde officiellement) sont très attachés à la révolution de 1959 et à Fidel Castro. Il faut dire qu'avant, La Havane était surnommée le « bordel des Etats-Unis » et ils ont eu à l’issue de la révolution accès à la santé, le logement et l'éducation pour tous. Aujourd’hui, on sent bien que le modèle ne fait plus rêver tout le monde, en particulier les jeunes qui n’ont pas connu cette époque et dont la vie n’est pas rose tous les jours.
L’inflation
Il semblerait que l’inflation a été très forte ces dernières années (certains cubains parlent d’une augmentation de 5 fois sur certains produits de base depuis deux années) et les salaires n’ont pas évolué en conséquence. Principales causes évoquées : blocus des USA, covid, manque de tourisme, perte des deux monnaies depuis janvier 2021 …
Malgré tout, les cubains ont quelques astuces pour se débrouiller. Par exemple, à cause du blocus des USA, il n'est pas possible de réserver sur des sites web américains (notamment Airbnb) ou de payer sur les plateformes MasterCard (sauf que les tickets de Viazul se paient en carte bleue sur internet ...). Comme les cubains, nous avons donc téléchargé un VPN pour changer virtuellement la localisation de notre téléphone, et là, magie, tout fonctionne.
La monnaie :

Les dernières années ont été une petite révolution pour le système monétaire cubain.
En 2019, le gouvernement a mis en place un système de monnaie virtuelle (MLC), que l’on charge sur une carte bancaire. Cette carte ne peut être chargée qu'avec des monnaies étrangères, dont l'€. Elle sert à payer dans des «supermarchés» d'Etat pour acheter de l'électroménager, du mobilier, certains produits alimentaires ... qu'on ne trouvent pas ou peu ailleurs.
En 2021, le système de double monnaie (différente pour les cubains et les étrangers) a été supprimé. Les touristes peuvent donc acheter de la « monedad national », pour un taux de 1€ = 24 pesos dans les distributeurs automatiques et les bureaux de change officiels.
On a donc des cubains qui ont besoin de devises étrangères, pour charger la carte MLC ou pour partir à l'étranger (la monnaie cubaine est inéchangeable à l’étranger, les cubains doivent donc faire des réserves pour pouvoir partir ... légalement ou non). De l'autre côté on a des touristes, qui peuvent maintenant utiliser la monnaie locale. Ajouter à cela une bonne dose d'inflation, les prix devenant cher même pour des européens, une pression plus forte pour partir à l'étranger et une baisse des touristes à cause du covid, donc une demande plus forte de devises étrangères. Résultat : de manière informelle, 1€ vaut 120 pesos (parfois plus), contre 24 à la banque... Un plat bon marché dans une petite cantine d’Etat vaut environ 300 pesos : soit 12,5 € si l’on a retiré son argent à la banque, ou 2,5 € si l’on a changé directement avec les cubains… suivant comment vous vous y prenez, le budget de votre voyage peut être multiplié / divisé par 4 ou 5. Assez incroyable.
Pêche et agriculture
Comme toujours nos yeux se sont tournés vers ce qu’il se passe dans les champs et la mer.
Coté pêche, bien différent de la Bretagne également : pour la première fois, en 2021, le gouvernement cubain a autorisé les pêcheurs à importer des moteurs hors-bord de moins de 10 CV (moins de 7,5 kW) pour équiper leurs bateaux, qui avançaient jusqu’ici à la rame ou avec des voiles de fortunes.
Ici l'agriculture est très peu mécanisée, on peut observer dans les champs : bœufs, chevaux de traits, personnes travaillant à la main. Les quelques tracteurs sont de faible puissance. De plus il y a peu ou pas de produits chimiques : non pas que le gouvernement veut produire bio mais le pays ne dispose pas suffisamment de produits. Les terres sont pour la grande majorité propriété de l’Etat et les agriculteurs doivent obligatoirement vendre une partie de leur production à ce dernier.
Deux produits spécifiques sont produits et exportés par l'île : le rhum mais également et surtout les cigares (el puro !). Les cubains en sont très fier. On n’y connait pas grand-chose au cigare, mais on a voulu quand même visiter une ferme ainsi qu'une fabrique. Ici comme ailleurs tout est fait à la main.











































































Une nouvelle fois merci beaucoup pour ce partage ! Comme j'aurais aimé vous accompagner lors de vos plongées... les fonds sous-marins ont l'air grandioses ! 😍 Merci de nous faire voyager :-) Profitez-bien !